Mardi, 03 Avril 2018

L’opposition guinéenne hausse le ton : Cellou dénonce, Sidya critique, Mouctar Diallo fustige !

Les ténors de l'opposition guinéenne, dont Cellou Dalein Diallo (UFDG), Sidya Touré (UFR), Mouctar Diallo (NFD), Dr Faya Millimono (NGR), Fodé Mohamed Soumah (GECI), Abdoubacar Sylla (UFC), Dr Zalikatou Diallo (PEDN), et Charles Pascal Tolno (PPG), ont rencontré les médias le Jeudi 8 Novembre à la Maison de Presse pour fustiger en bloc et en boucle la fuite en avant de l’actuel pouvoir, qu’ils accusent de retarder indéfiniment la transition. Pour contraindre le pouvoir, l’opposition dit projeter des "meetings géants" et des "caravanes de la démocratie" à travers tout le pays. Et ce, en dépit de la restriction des libertés de manifestation.

D’entrée, Cellou Dalein Diallo a soutenu que depuis le 15 novembre, beaucoup pensent que tous les obstacles liés à la tenue d’un dialogue constructif sont levés. Mais en ce qui leur concerne, ils disent constater qu’en dehors de cette rencontre-spectacle, aucune initiative sérieuse n’a été prise dans ce sens. Quoique le ministre Alhassane Condé ait récemment rendu visite à certains opposants pour relancer le dialogue, mais le leader de l’UFDG estime qu'il y a un "manque de communication" entre le pouvoir et l’opposition :

"Jusqu’à présent, le dialogue tant réclamé tarde à s'ouvrir. Ceci nous pousse à vous dire aujourd’hui ce que nous pensons et ce que nous envisageons. Parce que depuis le mois d’Avril, rien ne bouge. La CENI et le gouvernement ont renvoyé la SAGEM au profit de Waymarks, dont ne connait ni les références, ni les compétences, et moins l’expérience. Aujourd’hui, toutes les dispositions sont prises pour lancer un recensement intégral. On nous dit que la CENI est indépendante, quand même. Si la CENI ne tient pas compte de notre avis, elle devient un monstre dangereux à abattre » a introduit Cellou Dalein Diallo.

Pour sa part, Sidya Touré de l’Union des forces républicaines (UFR) est monté au créneau pour dire que le pouvoir actuel doit rendre des comptes au peuple, après un an de gestion du pouvoir : "Le minimum qu’on pourrait demander aujourd’hui est de savoir qu’avons-nous fait de ces douze mois et surtout où allons-nous. Parce qu’en réalité, moi je n’en sais rien. Et Dieu seul sait si moi je ne sais pas en tant qu’acteur politique, je me demande où en est le citoyen lambda. Que pense-t-il de ces douze mois ? Quelle perspective s’ouvre-t-il à lui ? C’est vraiment stressant, préoccupant et inquiétant. Le pays est bloqué aujourd’hui parce qu’il est pris en otage pour des raisons purement politiques" a-t-il lâché.

Dans cette même lancée, l'ancien Premier ministre soutient qu'en un an, on aurait dû finir avec les élections et poser les jalons de la société nouvelle : "C’est stressant de savoir qu’on n’est nulle part. Qui peut me dire ici quand irons- nous aux élections ? Personne ne le sait, je vous assure. On veut créer des conditions pour aller à une confrontation inutile. Qui peut m’expliquer ici pourquoi ce pays ne bouge plus. Pourquoi n’avons-nous plus de riz ? Pourquoi l’inflation stagne ? Pourquoi à chaque fois que nous voulons le courant, il faut faire comme les jeunes de Coronthie, manifester une journée, séquestrer un ministre pour avoir le courant la nuit » s’est-il interrogé.

Avec un ton ferme, mêlé d'ironie, Sidya Touré a également déclaré que l’actuel Gouvernement n’a aucune raison de stopper les activités politiques, d’empêcher le déplacement des leaders, de donner une réputation d’un Etat autocratique à la Guinée : "Nous ne parlons pas des élections parce que nous voulons être députés. Mais parce que c’est la clé de voute du déblocage du système politico-économique du pays. Quel intérêt ce gouvernement a à retarder ces élections. Moi, je n’en vois pas. Peut-être, le RPG oui. Mais le gouvernement non" a-t-il martelé.

Poursuivant ses critiques, Sidya Touré pense que plus le temps passe, plus il ne sera pas possible de traficoter ces élections. Car, aucun gouvernement démocratique ne gagne des élections à mis mandat : "Si les gens étaient malins, ils auraient du faire ces élections trois ou quatre mois après la présidentielle, il y avait des chocs. Mais on a vu qu’en un an, il n’y a rien, pourquoi est-ce qu’on va voter pour eux. Donnez-moi une seule raison pour laquelle un Guinéen va voter pour l’arc-en-ciel? Il n’y en a pas" s'est-il marré.

Sidya Touré finit par fustiger les actions que mènent actuellement la CENI sur le terrain, tout en dénonçant le comportement des préfets, sous-préfets et gouverneurs qui menacent les cadres de leurs zones de mutation ou de remplacement s’ils ne s’alliaient pas au RPG. De l'allégeance des fonctionnaires au parti-Etat, a-t-il précisé. Il dira que c’est le constat qu’il a tiré au terme de sa tournée à Boké et Boffa. Les mêmes accusations ont été reprises par Cellou Dalein Diallo concernant les villes de Koundara et de Dalaba.

L'ancien ministre Mouctar Diallo des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD) s'est mêlé dans la danse pour exprimer d’abord toute la solidarité de son parti envers les partisans de Lansana Kouyaté, qui ont été réprimés à Kankan. Il a condamné avec fermeté cette répression.

Poursuivant son discours, Mouctar Diallo a également soutenu que la nouvelle gouvernance n’a pas su maintenir les acquis démocratiques. Et par conséquent, le pays ne fait que reculer, a-t-il constaté.

Plus loin, l’ancien ministre du gouvernement de transition a martelé que la Guinée est gouvernée aujourd’hui par des incompétents et des incapables. Pour lui, un pouvoir « n’a pas besoin de délai pour respecter la loi», ou une année pour poser des actes allant dans le sens d’améliorer le quotidien des citoyens.

Il ira jusqu'à demander au président, qui a voyagé une vingtaine de fois dans le monde, de rendre des comptes. Parce que, dit-il, chaque voyage du Chef de l’Etat coute quelques 600 mille dollars. Mouctar Diallo a longuement fustigé ces voyages « sempiternels et inutiles » du Président.

Pour terminer son discours, le leader des NFD a dressé le bilan de la présidence Condé, en disant que l’insécurité est grandissante, l’inflation galopante, les citoyens privés de nourritures, les investisseurs inquiétés : « Tout est au rouge. On est mal barré comme on le dit » a-t-il conclu.

De son coté, Aboubacar Sylla a balayé d’un revers de la main les campagnes médiatiques du pouvoir qui font croire que l’opposition refuse d’aller au dialogue : "L’opposition guinéenne, contrairement à ce qui se dit, est viscéralement attachée au dialogue. Nous ne sommes pas une opposition de violence», a-t-il martelé, tout en rappelant qu'ils ont été les premiers à «interpeller les autorités" pour la relance du dialogue :

"Ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas des sièges de députés, mais l’avenir politique économique et sociale du pays. Les guinéens plus que tous les autres peuples ont le droit et même l’obligation de payer à ce qu’un autre pouvoir autocratique, à ce qu’un autre président omnipotent n’émerge pas du processus électoral en cours en Guinée. Nous avons eu à regretter les 50 ans de gouvernance passée. Nous nous battons parce que nous voulons que le future Assemblée soit le reflet effectif de la volonté populaire, et non une assemblée nationale de caisse de résonnance" a-t-il dit.

C’est pourquoi, le leader de l’UFC a déclaré au nom de ses pairs que  l’opposition va continuer à évoluer dans les manifestations pour amener le pouvoir à tenir compte de leurs revendications. Selon lui, l’opposition, tout en restant éminemment républicaine, a décidé de sortir du cadre des conférences de presse, des déclarations pour aller vers des meetings géants, vers une caravane de la démocratie qui va sillonner toutes les quatre régions naturelles et qui va informer les populations sur la réalité de la situation politique, économique actuelles, sur les raisons de l’impasse politique dans laquelle nous vivons aujourd’hui et aussi les sensibiliser autour des enjeux réels des élections :

"Nous sommes dans une situation d’instabilité politique totale. Si pour une raison ou une autre, une vacance du pouvoir est annoncée en Guinée, suite à une incapacité du Président à diriger ou s’il démissionnait, on retomberait à la situation dans laquelle le pays s’est retrouvé en 2008, parce que nous n’avons pas d’assemblée nationale,» a souligné le Président de l’UFC, qui a insisté sur l’union de l’opposition pour pouvoir infléchir le pouvoir.

Quant à Mme Traoré, Zalikatou Diallo, elle exprimera toute sa surprise et sa déception par rapport au comportement du pouvoir qui s’écarte, estime-t-elle, de la voie du respect et la promotion des principes fondamentaux de liberté en Guinée. Selon elle, la Guinée est en train de perdre tous les acquis démocratiques obtenus par le gouvernement de la Transition. Elle a annoncé que la tournée en Haute Guinée de son leader a laissé un goût d’inachevé à Kankan où la mamaya a été violemment réprimée par les forces de l’ordre.

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